« I believe I’ve survived for a reason to tell my story, to touch lives » sur un fond d’obus et de rafales d’AK 47, l’album « Warchild » vous happe littéralement dans son univers dès la première seconde d’écoute. Cette semaine, Newsound braque ses projecteurs sur Emmanuel Jal, soudanais né dans le sud du pays dans les années 1980.
Artiste incontournable de la scène hip-hop africaine, régulièrement à la tête du classement musical kenyan, Emmanuel Jah porte son passé non pas comme un fardeau mais comme un élément d’inspiration pour ses messages de réconciliation et de paix. En effet, bien qu’il soit désormais acclamé dans le monde entier pour son rap gospel, à la production très soigné et aux lourdes basses, nous devons appréhender son passé pour mieux comprendre l’intérêt de cet album. Orphelin à l’âge de 7 ans, il est enrôlé dans la SPLA (Sudan People’s Liberation Army), un mouvement rebelle opposé au régime de Khartoum, où armé de son AK 47 (alors plus grande que lui…) il va participer aux incessantes tentatives de prises de contrôle de la capitale. Emmanuel Jal trouvera son salut grâce à l’aide de la femme anglaise d’un chef rebelle qui va décider de l’adopter et l’emmènera au Kenya où sa passion pour la musique pourra enfin s’exprimer. Elle décédera quelque temps après dans un accident de la route et l’album se clôt sur un hommage posthume « Emma ».
Peut-être l’avez-vous déjà entendu dans la bande originale de Blood Diamonds, avec Leonardo DiCaprio ou encore dans des documentaires de National Geographic.
Alternative à nos rappeurs hexagonaux aux noms de nounours véhiculant l’apologie de la violence, Emmanuel Jal s’impose comme un artiste dit « conscious » armé de son expérience, ses textes et son talent.
Emmanuel Jal est désormais porte parole pour Amnesty International ainsi que pour des campagnes de contrôle des armes ou de sensibilisation à la cause des populations du Darfour.
Site officiel : www.emmanueljalonline.net
Myspace : www.myspace.com/emmanueljal
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